S-2 du mercredi 2 novembre au vendredi 4 novembre 2016 – Procès en appel de P. Simbikangwa

Procès en appel de Monsieur Pascal Simbikangwa à la Cour d’assises de Bobigny

Mercredi 2 novembre 2016

Cette deuxième semaine du procès qui commence le mercredi (en raison du pont du 1er novembre), dans une salle toujours plus vide au niveau du public présent, se concentre essentiellement sur l’audition de témoins de contexte (déjà présents en 1ère instance mais aussi dans le procès de T. Barahira et O. Ngenzi qui s’est tenu en mai-juin dernier). Les dépositions de témoins de contexte visent essentiellement à ouvrir les membres de la Cour d’assises d’appel et notamment les jurés à la compréhension du contexte historique, social et politique du Rwanda avant, pendant et après 1994 (année du génocide des Tutsis au Rwanda). En outre cette semaine aura été marquée par un ton plus incisif et attaquant de la part de la Défense que ce soit dans le sens des questions posées aux témoins que dans l’attitude empruntée par l’un des avocats de la Défense à savoir beaucoup plus combattante physiquement aboutissant parfois à des échanges musclés entre la Défense et le Président de la Cour d’assises ou encore entre la Défense et le Procureur général.

La matinée commence alors par l’audition de Monsieur Stéphane AUDOIN-ROUZEAU, directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences sociales (EHESS). Son audition va lui permettre d’exposer sa conception du génocide et les implications politiques et sociales qui en ont découlé tant en aval qu’en amont. Habitué dans la déposition de son expertise que ce soit en 1ère instance ou dans le précédent procès rwandais, sa déposition différera en fonction des questions posées par le Président DE JORNA, les avocats des parties civiles et de la Défense. Les questions posées le pousseront à apporter des précisions sur la notion de négationnisme, le rôle des élites dans le génocide, le défaut d’intéressement de la communauté internationale dans les procès rwandais (questions posées par le Président et les avocats des parties civiles, notamment Me Simon Foreman et Domitille Philippart) ou encore sa différence de perception du génocide rwandais avec les experts Guichaoua et Filip Reyntjens ou encore la dualité du temps judiciaire et de l’histoire (questions posées par la Défense, Me Alexandra Bourgeot et Me Fabrice Epstein).

De la même façon, s’en suivra l’audition de Monsieur Jacques SEMELIN, directeur de recherche au CNRS, également habitué à témoigner lors des procès rwandais français. Témoin de contexte, il donnera lui aussi des éléments de compréhension sur la notion de génocide, son organisation, sa spécificité par rapport aux crimes contre l’humanité et crimes de guerre, ou encore sur le contexte international qu’il estime alors fondamental. Lors de cette audition, il pourra être regretté le manque d’attention des jurés qui bien souvent semblent rêveurs, ne prenant que très peu de notes alors même qu’il s’agit de comprendre un maillon essentiel dans la mission de justice qui leur est confié.

Dans le cadre de cette audition, il est intéressant de relater qu’au moment des questions de la Défense, Me Alexandra Bourgeot avancera la question de la responsabilité de la France mais aussi une question plus actuelle en lien avec un événement récent dans l’affaire de l’attentat contre le président Habyarimana où un ancien responsable du FPR, Monsieur Nyamwasa a fait connaître son intention de donner son témoignage où il accuse le président Paul Kagamé d’avoir fait abattre l’avion présidentiel transportant le Président Habyarimana. Mais, sur ce dernier point, le président de la Cour d’assises choisira d’interrompre l’action de Me Bourgeot en lui signifiant qu’il ne faut pas s’éloigner de l’affaire en cause à savoir celle de Monsieur P. Simbikangwa. Or, il est étonnant de constater la vivacité à laquelle le président a souhaité couper l’élan sur ces questions, alors qu’il en va pourtant de la compréhension du contexte du génocide des Tutsis puisque l’assassinat du président Habyarimana est précisément un des éléments si ce n’est l’élément déclencheur du génocide des tutsis… !

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(c) La Croix – Me Alexandra Bourgeot et Me Fabrice Epstein (avocats de la Défense)

Puis, il sera projeté le documentaire diffusé fin 1994 réalisé par Jean-Marc CAVADA : « État d’urgence : Rwanda, autopsie d’un génocide ».

Jeudi 3 novembre 2016

Pareillement et dans la continuité de la journée précédente, une autre témoin de contexte viendra exposer son expertise à la barre, en la personne de Madame Hélène DUMAS, chargée de recherches au CNRS.

Elle apportera là aussi des précisions sur la notion de génocide, sur le contexte social, politique, et judiciaire du Rwanda.

Lors de cette journée, il sera diffusé le documentaire : « Tuez-les tous – Rwanda, histoire d’un génocide sans importance » réalisé par R. GLUCKSMANN, David HAZA, et Pierre MEZERETTE.

Vendredi 4 novembre 2016

  •  Lecture du rapport de René DEGNI-SEGUI, envoyé spécial des Nations-Unis au Rwanda.
  • Audition de Gaspard MUSABYIMANA, chercheur et écrivain cité par la Défense.

 Aucun membre de l’AFPCU n’ayant pu se rendre à cette audience, vous trouverez un résumé de la journée par le Résumé quotidien du Collectif des parties civiles (CPCR), partie civile dans l’affaire P. Simbikangwa.

 

REVUE DE PRESSE 

À notre connaissance, aucun article de presse n’est sorti cette semaine abordant le procès en appel de P. Simbikangwa à la Cour d’assises de Bobigny… !

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