L’affaire T. Barahira et O. Ngenzi : semaine 13-17 juin 2016

Lundi 13 juin 2016

La matinée du lundi 13 juin 2016 débute par la déposition de Monsieur Moussa BUGINGO, témoin cité par la défense, qui avait commencée vendredi soir mais qui, à la suite d’une interruption de connexion avec Kigali a du être arrêtée. La déposition du témoin se concentre sur sa chronologie des événements du 12, 13, avril 1994.

Le témoin évoquera notamment une réunion tenue sur la place du marché en date du 12 avril 1994, en la présence de O. Ngenzi afin d’organiser le secours des réfugiés de l’église de Kabarondo et qu’ils ont notamment apporté de la nourriture aux réfugiés jusqu’au 12 avril.

Le témoin évoque ensuite la journée du 13 avril 1994, où une attaque semble avoir été prévue à l’encontre des personnes qui avaient fui à l’intérieur de l’église. Il précise qu’à ce moment là le conseiller de secteur se serait rendu auprès de l’abbé Incimatata en vue de porter à sa connaissance l’existence d’une attaque en préparation.

C’est alors que le témoin précisera que les assaillants sont passés près de chez lui, alors qu’il était en train de garder ses vaches et il n’a alors eu d’autre choix que de les suivre, ayant peur d’être tué. Une fois tous arrivés au Centre de Santé, ils ont compris que des groupes de tueurs avaient attaqué l’Église de Kabarondo, et qu’il s’en était suivi une bagarre généralisée.

Selon le témoin, l’escalade de la violence atteindra son apogée lorsque, à court de munitions, les assaillants ont tiré avec un obus en direction de la porte de l’Église, poussant les réfugiés à sortir à l’extérieur de l’Église. C’est alors que selon le témoin, les assaillants auraient dit au Simba Bataliani de « continuer le travail ». Le témoin tiendra à préciser que les individus de son groupe, ont eux, en revanche, transporté les blessés à l’IGA et au Centre de Santé.

En outre, selon le témoin, et concernant la journée du 14 avril 1994, les tueurs seraient revenus sur place et à ce moment là Cyasa (Chef des Interahamwe qui aurait été appelé en renfort par Mukibi) se serait mis à la recherche de O. Ngenzi dans le but de le tuer, car ce dernier était alors considéré comme un « complice ». Les rescapés du Centre de Santé aurait été tués par les membres du Simba Bataliani qui recherchaient eux aussi O. Ngenzi en vue de le tuer.

À la précision qu’il aurait apporté de la nourriture aux réfugiés de l’église, avec l’aide de O. Ngenzi, la Présidente le confronte à la déclaration de l’abbé Incimatata, qui conteste ce fait, alors même que le témoin maintient en disant qu’il a remis d’ailleurs l’ensemble de la nourriture entre les mains de l’abbé lui-même.

Le témoin précise connaître O. Ngenzi ainsi que T. Barahira qu’il n’a pas revu après le 5 avril.

S’en suit alors un dialogue soutenu entre la Présidente et le témoin sur le fait que beaucoup de témoins présentent ce dernier comme un « chef » des Interahamwes, ce que le témoin conteste. À la question de savoir alors pourquoi il a été condamné à perpétuité, ce dernier répondra que « c’est à cause des gens avec qui j’avais des problèmes, des gens comme Kajanage et Gashabizi. Ils avaient une dent contre moi. Ils m’accusaient de ne pas avoir rendu une balance pour peser la viande, d’avoir vendu la viande d’une vache malade (…). Ils demandaient des dommages et intérêts ».

Cherchant à en connaître davantage sur les bonnes actions du témoin visant à sauver des réfugiés, il questionnera ce dernier sur le nom des personnes qu’il aurait caché. Ce dernier donnera alors un seul nom.

De façon surprenante, l’avocat général, Monsieur Philippe Courroye, décidera de renoncer à questionner le témoin estimant qu’il y a trop de contradiction avec les dépositions des autres témoins et ce qui l’amènerait à devoir poser une liste trop longue de question, il opte pour n’en poser aucune. Une stratégie qui peut avoir surpris.

D’ailleurs, Me Philippe Meilhac ne manquera pas de faire part de son étonnement face à cette attitude, rappelant que des situations de contradictions entre déclaration de témoins ont pourtant déjà eu lieu depuis le début du procès. Interrogeant alors le témoin sur des précisions quant à son emploi du temps, ce dernier reviendra sur l’heure de départ des lieux de l’attaque en indiquant qu’il était 16h et non 18h comme il avait pu le dire à plusieurs reprises auparavant.

S’en suivra une déclaration spontanée de Tito Barahira sur la journée du 13 avril 1994.

Dans sa déclaration, il expliquera être resté chez lui le 13 avril 1994 jusqu’à 15h. Il expliquera être arrivé à l’église de Kabarondo pour voir de plus près ce qui s’y est passé, et des personnes lui ont alors dit que des militaires avaient attaqué l’église, qu’il y avait des morts, des blessés et des survivants. Il précise qu’il discutait tout en se tenant sur la route, entre la commune et l’Église. Il expliquera aussi avoir vu O. Ngenzi s’entretenir avec des gens assis sur les marches de la commune. Il évoquera également avoir aperçu un véhicule d’électrogaz près de l’église qui cherchait un électricien habitant tout près, en raison d’une panne générale qui perturbait le réseau. Il est alors monté dans le véhicule et s’est rendu au transformateur de Kabarondo et il a participé à la réparation.

L’accusé souhaitera aussi préciser qu’il a quitté ce jour là son domicile sans rien et qu’il est donc surpris que des gens disent l’avoir vu armé d’un pistolet ou d’une lance. Il tiendra par ailleurs à dire sa tristesse pour ce qui est arrivé, pour la mort des Tutsis, et des Hutu, et que « c’était triste de voir des gens se faire attaquer ».

Il décrètera que ceux qui sont venu témoigner contre lui sont des menteurs, et que notamment il ne connaît pas les deux femmes qui sont venues l’accuser.

Mardi 14 juin 2016

 La journée du 14 juin était consacrée à l’audition de 5 témoins. L’ensemble des témoignages de la journée mettent en avant la présence de M. Ngenzi sur les lieux du génocide. Ils s’accordent tous à dire que c’est un personnage important. Même si M. Ngenzi n’a pas toujours donné les ordres de tuer, ce qu’affirment les témoins c’est qu’il ne faisait rien pour stopper les tueries.

 Le premier témoin est entendu en visio-conférence. M. Anaclet RUHUMULIZA a été condamné à la perpétuité. Il dit que sa condamnation est due au fait qu’il avait prêté sa voiture à des personnes qui ont participé au génocide. Il était lié au colonel Rwagafilita puisque sa sœur était mariée au grand frère du colonel.

Son témoignage décrit les événements qui se sont produit suite au génocide de l’église et du centre de santé de Kabarondo mais ni sa présence sur les lieux le 13 avril. Il dit n’y avoir été que le 16 pour déposer les personnes qui avaient été réquisitionnées pour enterrer les corps. Lui n’avait été réquisitionné que parce qu’il possédait un véhicule.

Il fait également état de l’implication de M. Ngenzi dans l’affaire des chèvres. Concernant la réunion sur le terrain de football il ne sait rien.

 Vient l’audition de Paul NGIRIBANZI, condamné à 9 ans par les Gacaca. Lui fait partie des personnes qui ont été réquisitionnées comme fossoyeur. Le travail n’impliquait pas seulement d’enterrer les corps mais aussi d’achever les blessés et de les mettre avec les autres. Cela comprenait les femmes et enfants. L’implication de M. Ngenzi est claire dans son témoignage. C’est lui qui donnait les ordres. Il n’avait apparemment pas besoin de dire directement de tuer mais de par son statut et son importance, les gens comprenaient cela. De nouveau l’épisode des chèvres fait état de la présence de M. Ngenzi. La présidente lui pose de nombreuses questions quant à savoir si les personnes qui avaient été réquisitionnées l’étaient sous contrainte.

Son témoignage place M. Ngenzi au centre de ce génocide.

Le témoignage qui suit, de M. François NZIGIYIMANA, fait état de ce qu’il s’est passé durant la journée de l’enterrement des corps. Des groupes étaient formés pour séparer le « travail ». Certains devaient s’occuper d’enterrer les corps, d’autres achevaient les blessés et d’autres encore étaient envoyés au centre de santé pour tuer. Son témoignage met en avant une passivité de la part des policiers communaux qui ne faisaient rien pour arrêter les massacres.

Vient ensuite le témoignage d’une personne rescapée. M. Oscar KAJANAGE, qui est l’ami d’enfance de M. Ngenzi. Il témoigne sur la personnalité de M. Ngenzi et le décrit comme une personne ségrégationniste. Il fait également état d’un lien entre M. Ngenzi et le colonel Rwagafilita.

Son témoignage met M. Ngenzi au centre du conflit. Il serait non seulement le donneur d’ordres mais il aurait lui-même formé et dirigé un groupe d’Interahamwe. Il a été témoin du massacre de l’église le 13 avril et celui du centre de santé le 16.

Le dernier témoin était l’ancien conseiller du secteur de Rundu, M. Etienne GAKWAYA. Son témoignage fait à son tour par d’une inaction de M. Ngenzi face aux massacres. Ce témoin a été condamné à 4 ans de prison alors qu’il avait été du côté des Tutsis.

Mercredi 15 juin 2016

L’audience porte sur le témoignage de deux rescapés, Mme Constance MUKABABAZAYIRE en visio-conférence de Kigali et M. Jovithe RYAKA. Tous deux sont également parties civiles.

 Mme Constance Mukababazayire est la sœur de François NTIRUSHWAMABOKO. Son témoignage place M. Ngenzi mais aussi M. Barahira à l’église de Kabarondo. Son récit porte sur sa fuite de l’église. Elle a perdu 65 personnes de sa famille et d’après elle, tout est de la faute de M. Barahira car c’est lui qui était « le chef ».

Le second témoin, M. Jovithe Ryaka a un lien avec M. Ngenzi : son grand frère était le parrain de M. Ngenzi et ils étaient ensemble à l’école primaire.

Il relate des faits qui se sont produits bien avant le génocide. Il explique le comportement de M. Ngenzi dès 1990. Lui aussi revient sur l’histoire des chèvres.

Puis vient le récit détaillé des journées du 12-13 avril 1994. Il raconte avec précision qu’une première attaque avait eu lieu dans l’église par les Interahamwe, suivie d’une seconde par les militaires. M. Ryaka a lui réussi à s’enfuir après ces deux attaques. Il est alors parti retrouver des Inkotanyi (combattants du FPR) et est resté avec eux jusqu’à la fin avant de retourner à Kabarondo où il a été élu conseiller.

Il décrit la personnalité de M. Barahira. Il raconte des faits prouvant que ce n’est pas une bonne personne.

Alors que de nombreux témoins entendus précédemment avaient tous nié l’existence de barrières sur les routes menant à Kabarondo, M. Ryakaexplique quant à lui avoir même été battu en passant ces barrières. Il n’est d’ailleurs pas le seul et M. Barahira aurait été présent ainsi que M. Ngenzi. Ces barrières servaient à vérifier les identités des personnes qui passaient et surtout de savoir si elles étaient Hutu ou Tutsi (information indiquée sur les papiers d’identités). Le témoignage de M. Ryaka fait non seulement état de l’existence de ces barrières mais il place également les deux accusés à ces postes de surveillance.

Son père, son frère et sa sœur sont des victimes du génocide.

Il dit que s’il n’y avait pas eu d’Interahamwe, il n’y aurait pas eu de génocide. M. Ngenzi avait une forte autorité et selon ce témoin, il a bien participé au génocide.

Des questions de Me Mathé soulèvent une intervention des avocats des parties civiles. Les questions toujours similaires sur l’implication du FPR ne seraient pas adaptées au procès selon les parties civiles.

Jeudi 16 mai 2016

La journée du jeudi 16 juin était consacrée dans un premier temps à l’interrogatoire de Tito BARAHIRA puis à l’audition de témoins concernant les massacres au centre de santé et à l’IGA.

Concernant l’interrogatoire de M. BARAHIRA, ce dernier ne cesse d’affirmer durant tout son interrogatoire que l’ensemble des témoins ou parties civiles entendus et le mettant en cause mentent, dans la lignée des Gacaca « créées pour poursuivre les autorités et ceux qui ne sont plus au pays ». Concernant le massacre de l’église, il affirme être arrivé en fin de journée, après les massacres, qualifiant toutefois la scène à laquelle il a assisté de terrifiante. Il affirme en outre que tous les blessés avaient déjà été emmenés au Centre de santé au moment où ce dernier est arrivé sur les lieux, et qu’il n’a ainsi rien pu faire.

Par la suite une lecture est faite des auditions de Marie-Goretti MUKAYIRERA, infirmière au Centre de Santé. Cette dernière explique notamment qu’une stagiaire du Centre lui a raconté que sa fille s’était échappée et que NGENZI lui avait piétiné le ventre. Il ressort de ses auditions qu’elle ne sait pas si NGENZI était au centre de santé le jour de l’attaque, mais que des policiers lui avaient dit de se cacher de lui.

Le témoin suivant, Jean-Damascène MATABARO, est entendu par visioconférence. Il s’exprime sur le massacre des blessés au centre de santé, considérant que c’est M. NGENZI qui avait donné l’ordre de les achever et était derrière tout ça. Il confirme que les citoyens n’auraient jamais pris l’initiative de tuer sans ordre d’une autorité. Il affirme en outre que NGENZI n’avait pas perdu son autorité suite au massacre de l’Eglise.

Le second témoin entendu par visioconférence, Jean RWIZIBURIRA, confirme que M. NGENZI était présent lors du massacre de l’IGA, un pistolet à la ceinture. Il affirme qu’il était aussi présent lors des fouilles et perquisitions pour trouver des Tutsis cachés, en compagnie de M. BARAHIRA. Suite à cela, Maître MEILHAC rappelle toutefois que son client n’est pas inculpé concernant les fouilles.

Les deux témoins suivants, Félicien KAYINGA et Donatille KANGONWA sont entendus à la barre et se constituent tous deux parties civiles.

Le premier, la présidente l’invitant comme à chaque fois à s’exprimer spontanément dans un premier temps, raconte son histoire : l’organisation du massacre des tutsis suite à l’attentat, les Interahamwe venant chercher sa famille et les regroupant avec d’autres tutsis, les frappant avec des gourdins et machettes. Ce dernier, blessé, a pu rejoindre le Centre de santé. Le 13, des blessés sont arrivés de l’église, mais n’ont pas pu être soignés, il n’y avait ni nourriture, ni eau. Vers le 17/18 avril, il aurait entendu NGENZI ordonner de retourner tuer les Tutsis au centre de Santé, alors que des cadavres étaient en train d’être enterrés derrière le Centre de santé. Ce dernier est par la suite rentré chez lui après avoir pu échapper à la tuerie en affirmant qu’il était Hutu. Il garde toutefois des séquelles, et ne peut plus voir d’un œil.

Donatille KANGONWA, raconte à son tour son histoire, notamment ce qu’il s’est passé à l’église : elle a du passer la nuit cachée et blessée, entourée de cadavres, avant de réussir le lendemain à se rendre tant bien que mal au Centre de Santé. Elle explique que le 18, des tueurs de Rubira et Rundu sont venus tuer les rescapés. Elle a pu y échapper, quelqu’un affirmant qu’elle n’était pas Tutsie. Elle affirme en outre que NGENZI aurait récupéré les médicaments se trouvant au centre de santé et ordonné que les blessés ne soient pas soignés.

La journée du 16 avril a été particulièrement longue, mettant à l’épreuve la concentration de l’ensemble de la Cour : l’audience n’a été suspendue qu’à 23 heures (!).

Vendredi 17 juin 2016

La journée du vendredi 17 juin est consacrée à la fin de l’audition des témoins sur les massacres au centre de santé et à l’IGA et à l’audition de témoins concernant les perquisitions et exécutions des occupants tutsis.

Le premier témoin auditionné est M. Emmanuel HABIMANA alias CYASA, en visioconférence. Ce dernier était le président des Interahamwe du secteur de Kibungo lors du génocide. Il a été condamné à la prison à perpétuité. Il affirme toutefois l’être devenu suite aux pressions de NGENZI et RWAGAFILITA, ces derniers l’ayant menacé de tuer sa famille s’il ne quittait pas le MDR.

Il affirme que NGENZI serait venu à Kibungo le 13 avril chercher des militaires pour qu’ils tuent à Kabarondo. Il explique être allé par la suite à l’IGA où il a vu NGENZI. Au moment où il est arrivé, des Tutsis étaient sortis et ont été alignés contre un mur. NGENZI aurait alors ordonné qu’ils soient fusillés.

Il affirme que NGENZI avait bien planifié le génocide, et qu’il est venu chercher des militaires car il n’avait pas assez d’hommes dans sa commune pour tuer les Tutsis : « le génocide a été planifié, commis par les militaires et les civils, avec l’aide des autorités ». Il a en outre toujours conservé le pouvoir, et n’a jamais été débordé par les Interahamwe selon lui.

Maître MATHE interroge le témoin, tentant de démontrer que ses témoignages ne tiennent pas.

Le second témoin, Eugénie MUKABUTERA, est entendu par visioconférence. Cette dernière, agent communal, a travaillé à la fois sous la direction de BARAHIRA et sous celle de NGENZI. Elle affirme que lors du génocide NGENZI avait perdu de son autorité et que les Interahamwe avaient pris le dessus. Elle déclare en outre avoir vu NGENZI blessé suite au massacre de l’IGA, et que des personnes lui avait déclaré qu’il avait été blessé par des Interahamwe.

L’avocat général souligne qu’elle a des liens de parenté avec BARAHIRA et qu’on avait trouvé chez BARAHIRA un bordereau DHL à son nom, laissant supposer que M. BARAHIRA lui aurait éventuellement envoyé de l’argent.

Maître MATHE l’interroge sur la personnalité de M. NGENZI : Mme MUKABUTERA affirme qu’il a toujours eu un comportement normal, plutôt doux et qu’il n’a jamais traité de manière différente les employés communaux Tutsis.

Le troisième témoin entendu, M. Osée KAREZEKI raconte la fouille qui a eu lieu chez lui : M. NGENZI et M. BARAHIRA seraient venus avec des Interahamwe afin de chercher des Tutsis cachés. Il explique que selon lui, NGENZI était bien le chef de cette perquisition, le meneur.

Il explique par la suite avoir été directeur de l’école à l’époque ou NGENZI y était, et s’être toujours considéré comme son parrain. Il a donc ressenti un réel sentiment de trahison lors de cette perquisition.

Maître MATHE l’interroge à son tour, lui déclarant que son témoignage a beaucoup d’importance pour M. NGENZI et que ce dernier a en quelque sorte l’impression d’avoir perdu un père, et d’avoir lui aussi été trahi par M. KAREZEKI. Elle souligne en outre qu’il est étonnant que M. NGENZI soit selon lui le meneur de cette perquisition, alors même que M. KAREZEKI affirme que les militaires l’ont racketté derrière le dos de NGENZI. Enfin, elle ajoute que M. NGENZI avait suivi le groupe justement pour le protéger, lui et sa famille et qu’il n’avait plus réellement de pouvoir à ce moment.

La présidente interpelle à deux reprises Maître MATHE, considérant que les questions qu’elle pose ont déjà été posées.

Le dernier témoin entendu, Jacqueline KANSORO, épouse d’Osée KAREKEZI confirme la version de son mari et le fait que NGENZI lui semblait être le leader de l’opération. Leur but était de chercher leur fille Claire, accusée d’avoir rejoint les Intokanyi. Elle considère que s’il l’avait trouvée, il l’aurait tuée.

La présidente lit ensuite l’audition de Penina KAREZEKI qui affirme que NGENZI est venu perquisitionner chez elle et l’a menacée d’un pistolet.

La présidente annonce enfin pour conclure cette journée d’audience, que le procès sera prolongé de trois jours.

Sarah Akis, Maria Saab et Élise Le Gall

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